La Femme® n'existe pas


L’HUMANITÉ - Marina Da Silva

Théâtre - Une pièce féministe qui dynamite le genre
5 mars 2018

En tressant deux textes à près de trois siècles d'écart, Keti Irubetagoyena et Barbara Métais-Chastanier créent un spectacle puissant et jubilatoire.
Avant même la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, en 1791, Marivaux écrit en 1750 La Colonie, l'une des premières comédies féministes où les femmes se révoltent contre la domination masculine.

LE CORYPHEE - Julia Bianchi

La Femme® n'existe pas : De la bombe !
5 mars 2018

Points de départ : le 1er Juillet 1946, une bombe atomique est lâchée sur l’atoll de Bikini. Une semaine plus tard, un petit commerçant de lingerie fine invente le Bikini en lançant le slogan : « Bikini, première bombe anatomique ». En 1750, Marivaux écrit La Colonie, une comédie dans laquelle les protagonistes se retrouvent sur une île perdue. Dans cette pièce, les personnages doivent se réorganiser, mettre en place des instances de décisions, un gouvernement, bref réinventer une société. Occasion rêvée pour eux et surtout pour elles de redistribuer les cartes et de remettre en question les enjeux de pouvoir et de domination. Les femmes de cette fable décident de prendre le pouvoir et de revendiquer leurs droits. Ce sera –entre autres choses- à coup de bombes de peinture, cette fois.

THÉÂTRE DU BLOG - Christine Friedel

La Femme® n'existe pas
7 mars 2018

La pièce en un acte de Marivaux, peu jouée, paraît écrite à la louche, ou à la truelle, moins fine en apparence que L’Île des esclaves (très jouée). Ne pas s’y fier: bien carrée, elle pose clairement les problèmes.

ARTS-CHIPELS - Sarah Frack

La Femme® n'existe pas
Quand une relecture de La Colonie de Marivaux renvoie au bikini et à la bombe atomique
7 mars 2018

Choisir de mettre en scène une pièce de Marivaux où des femmes revendiquent de partager le pouvoir avec les hommes et la "relire" en la plaçant à l’aune du monde contemporain a tout du pari ambitieux mais risqué. C’est le challenge que relève le Théâtre variable n° 2.
La Colonie de Marivaux fait partie de ce cycle de trois pièces (avec l’Île des esclaves, entre autres) que l’auteur, pour des raisons évidentes en ce XVIIIe siècle où se défait la monarchie absolue du siècle précédent et où se diffuse la pensée des Lumières, déplace hors de la société de son temps. Quel lieu mieux qu’une île isolée du monde peut servir de laboratoire aux idées contestataires qui hantent l’esprit du temps ?

I/O GAZETTE - Ysé Sorel

Seule certitude : la femme n'existe pas
8 mars 2018

S'il n'y a pas de certitude, il y a au moins une conviction : "La Femme® n’existe pas". Mais au-delà des formules négatives, c’est une positivité qui se dégage de la pièce du même nom, mise en scène par Kéti Irubetagoyena, et ouvre sur des émancipations potentielles. Sans trop s’appesantir sur le titre aux accents lacaniens, si ce dernier affirmait aussi qu’il n’y avait pas de rapport sexuel, demeurent cependant des rapports de domination, qu’ils soient de genre ou de classe. D’allure brechtienne, le spectacle, dont le didactisme pourra être excusé par son caractère "de circonstance" et d’actualité ­­­ — déjà sous-titre de "81 avenue Victor Hugo", autre pièce de Barbara Métais-Chastanier, qui signe le texte —, s’inspire de "La Colonie" de Marivaux.

JUSTFOCUS - Alex Adarjan

"La Femme® n'existe pas" : un spectacle au cœur des inégalités
9 mars 2018

La Femme® n’existe pas raconte l’histoire d’un groupe d’hommes et de femmes qui, ayant fait naufrage sur une île après avoir fui la guerre, doit fonder une nouvelle société. Dans ce nouveau monde, les femmes réclament de faire partie du gouvernement pour établir les lois et les institutions. Face au refus des hommes, elles mettent en place leurs propres outils de résistance : s’enlaidir, faire la grève du sexe et, bien entendu, écrire leur règlement.

LE SOUFFLEUR - Alice Palmieri

La Femme® n'existe pas
14 mars 2018

Il y a un peu plus d’un an, le Souffleur allait voir Il n’y a pas de certitude du Théâtre Variable n°2, à la Loge. La pièce interrogeait le carcan de la féminité à travers la figure d’une cinquantenaire en crise qui nous avait passionnés.
Cette année, Keti Irubetagoyena (metteuse en scène) et Barbara Métais-Chastanier (autrice et dramaturge), fondatrices du Théâtre Variable n°2 en 2010, reviennent avec : La Femme® n’existe pas. Deuxième pièce de leur second cycle de création : Luttes et émancipation, La Femme® n’existe pas se fait prolongement idéologique des questionnements féministes et politiques initiés dans la pièce précédente.

L'ADN - Margaux Dussert

"Epouse ou putain" : fini de choisir
16 mars 2018

« La Femme® n’existe pas » Vraiment ? Pas pour Réjane Sénac, Directrice de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po, qui livre son éclairage sur la pièce de Barbara Métais-Chastanier. Corrosive à souhait.

LA NOUVELLE REPUBLIQUE - Laurent Favreuille

Pour Keti Irubetagoyena, la Femme n'existe pas
7 avril 2018

Ne croyez pas qu’en décrétant que "La Femme® n’existe pas" – c’est le titre de la pièce qui sera présentée au centre de Beaulieu, à Poitiers, le 26 avril – la metteure en scène Keti Irubetagoyena cède au dogme millénaire du patriarcat. Au contraire, elle veut montrer que les femmes ne sauraient être réduites à un archétype : elles sont uniques et multiples.

LA THÉÂTROTHÈQUE - Bastien Tournié

8 avril 2018

Une comédie, de la politique, les femmes se révoltent. Les identités de genre sont mises en évidence. Sur une île, partant déjà d’une naufrage, une nouvelle société tente d’apparaître. Des luttes acharnées pour une place dans le sillage politique, pour avoir un rôle central dans le gouvernement, cette pièce retrace l’histoire des combats féministes depuis des décennies.

LE COURRIER DE MANTES - Élisabeth Oualid

La Femme qui n'existe pas du Collectif 12
4 avril 2018

La compagnie Théâtre Variable n°2 a revisité La Colonie de Marivaux façon coup de poing.
Et pourtant elles auraient pu exister les femmes : c'est ce que la pièce proposée, jeudi dernier, montre et démontre avec une belle énergie, beaucoup de conviction, et du burlesque à l'appui.
Un naufrage précipite un groupe d'hommes et de femmes sur une île déserte. La possibilité d'un nouveau monde à construire leur est donnée. Et les femmes sont résolues à ne pas laisser passer l'occasion : elles veulent faire partie du gouvernement, faire les lois. Elles vont être sur le point d'y parvenir. Mais patatras ! Les hommes finissent par l'emporter en les divisant : les riches contre les prolétaires.
Divisées, elles ne peuvent plus rien contre les hommes  qui eux sont unis pour garder le pouvoir.
Moralité : qu'est-on prêt à accepter pour plus d'égalité dans un monde meilleur ?
La compagnie Théâtre Variable n°2, intervenant ici dans le cadre du Festival des Francos, est partie de La Colonie, une pièce de Marivaux écrite en 1750, qu'elle a revisitée façon coup-de-poing. Il y a des banderoles, des hommes et des femmes interchangeables. Le public beaucoup de collégiens et lycéens – réagit au quart de tour. Les comédiens sont tous excellents en particulier la jeune Grace Seri : sa belle et forte voix, sa diction impeccable lors du long plaidoyer final auraient fait le bonheur de Marivaux lui-même !

 

ESPRIT - Véronique Nahoum-Grappe

Théâtre – Le genre du doute, le doute de genre - janvier 2017

Après avoir vu la pièce, Il n’y a pas de certitude, montée par un trio de jeunes femmes talentueuses[1], j’ai réalisé quelque chose que je voudrais ici tenter de décrire. Pourquoi cette pièce touche-t-elle de façon si précise ? Pourquoi touche-t-elle un lieu sensible, mais encore en friche ? Elle y enfonce un clou, elle fouille jusqu’à l’os, elle pointe quelque chose de crucial sur la différence des sexes.

LE SOUFFLEUR - Alice Palmieri

février 2017

Julie Moulier a une trentaine d’années, guère plus. La femme qu’elle incarne, seule sur scène, en à 20 de plus. La différence ne se fait pas sentir, la comédienne est si impliquée, sa présence scénique est si marquante, sa voix si rauque, qu’on lui donnerait ces années qu’elle n’a pas. Aujourd’hui, celle que Julie incarne fête son cinquantième anniversaire.

UN FAUTEUIL POUR L'ORCHESTRE - Artémise

février 2017

Le texte de Barbara Métais-Chastanier est puissant direct net et incisif. Il relate l’effondrement d’une femme et est percutant et sensible à la fois.
Au plateau tout semble en équilibre précaire ainsi un poisson dans son sac empli d’eau suspendu à un cintre lui-même suspendu à un lustre, un tabouret dont l’assise s’enlève…

I/O PAPIER - Agathe Charnet

24 février 2017 

Elle va pas très fort, Clytemnestre. Pas trop le moral en ce moment. Mais, elle en est sûre et son psy aussi, ça va finir par aller mieux. Dans le seul-en-scène écrit par Barbara Métais-Chastanier, Clytemnestre est une femme de cinquante ans. Une femme qui est passée par toutes les épreuves et qui arrive enfin, elle aimerait bien le croire, à l’aube d’une nouvelle vie.

 
 

Ordonne tes restes


L'HUMANITÉ - Jean-Pierre Léonardini

Il ne faut pas que jeunesse se passe - 1er décembre 2014

On doit toujours compter sur la surprise. C’est ainsi que, sur un coup de fil, je me laissai convaincre d’aller assister, jeudi dernier dans l’après-midi, à une représentation destinée à des programmateurs de théâtre. Nous étions peu dans la salle du centre d’animation de la place des Fêtes pour découvrir Ordonne tes restes, montage de textes tirés de romans d’Antoine Volodine, assorti de « slogans » de Maria Soudaïeva qu’il a traduits.

THÉÂTRES.COM - Audrey Jean

30 octobre 2014

Comme à son habitude le Festival Péril Jeune de Confluences offre de belles surprises. Revenons sur « Ordonne tes restes » une reflexion inventive sur le thème universel du vieillissement. Atypique sur la forme ce spectacle donne à voir toute la foisonnance de la jeune création au travers de propositions particulièrement judicieuses. A découvrir encore ce soir !

 

I QUADERNI DEL TEATRO DI ROMA N°7 - Simona Polvani

Pour achever ce panorama d’Impatience, voici le spectacle qui a remporté mon vote de spectatrice : Embrassez-les tous de l’auteure Barbara M. Chastanier, mise en scène de Keti Irubetagoyena. Le texte met en scène par alternance les séances psychanalytiques d’une jeune femme en quête de sa mémoire d’enfant et faisant des recherches scientifiques à partir de bulbes olfactifs de poulets, ...

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LE FIGARO - Armelle Héliot

Au 104, la jeunesse est au rendez-vous - 25 octobre 2011 

Il se passe toujours quelque chose au 104 ! Ces jours-ci, de jeunes artistes présentent leurs spectacles dans les ateliers. Du théâtre nourri de références, mais vif et spirituel. A découvrir à l'occasion sous le titre Embrassez-les-tous.


 

On ne badine pas avec l'amour


LA PROVENCE 

Juillet 2010 - Festival d'Avignon 

On ne badine pas avec l’amour est l’un des plus grands textes de la période romantique. Lorsqu’il l’écrit, Alfred de Musset n’a que 24 ans et souffre de ses amours tumultueuses avec George Sand. Et pourtant, la Cie Le Vilain Petit Théâtre a réussi un tour de magie exceptionnel : allier le drame à la comédie. Et des rires, il y en a, le public ne s’en prive pas. Tout le génie de la compagnie réside dans une mise en scène en scène contemporaine, farfelue et délurée. Ainsi, ne vous étonnez pas si vous voyez un cheval danser sur le tube de France Gall, Elle, Elle l’a, tout est sous contrôle ! L’humour ne gâche en rien l’éternelle histoire d’amour et de trahison entre Camille, une jeune femme qui ne veut détourner son regard de Jésus-Christ et Perdican, son cousin, un libertin de 22 ans. Saluons l’excellente performance des comédiens qui nous emmènent dans l’univers d’un classique, totalement fou mais agréable à (re)découvrir.

LA MARSEILLAISE - Pierre Galaud 

le 24 juillet 2010 

Les plus beaux textes sont toujours les plus porteurs d’émotions. Ceux de Musset nous enchantent depuis toujours. Joués et rejoués ils gardent à jamais le même charme même s’ils diffèrent chaque fois, tant les metteurs en scène qui se succèdent savent y mettre leur patte et en tirer la quintessence.
C’est le cas aujourd’hui de Keti Irubetagoyena qui nous propose un « On ne badine pas » superbement adapté, vif et jeune dans sa conception comme dans on jeu, persuasif, expressif mêlant à souhait le rire à la tragédie. Dès le début du spectacle on oublie qu’il s’agit d’un drame. Le Baron (interprété par une femme), Dame Pluche (campée par un homme), Maître Bridaine et Maître Blazius tiennent plus de la farce que de la comédie. Comme des Augustes venus soutenir les propos des clowns blancs, ils mettent en exergue l’intention de l’auteur. Au centre de tout cela, cependant, les relations amoureuses de nos trois condisciples, Perdican, Camille et Rosette se risquent dans un jeu beaucoup plus classique. Ce contraste, qu’on suppose voulu, permet de donner encore plus de poids au drame qui s’approche inexorablement. La mort au centre du rire vient de tomber brutalement comme un couperet ! Le badinage est fini, la tragédie atteint son paroxysme, le texte de Musset a pu jouer avec brio son propre rôle, l’émotion est au rendez-vous. Sept comédiens jeunes et pleins d’allant, aux talents multiples, y compris ceux de bruiteurs, ne quittent la scène à aucun moment. Une pièce rondement menée où les didascalies sont évoquées sous forme de reportage radiophonique. On s’enflamme avec Perdican, on s’attriste avec Camille… on aime Rosette. A voir, vraiment, c’est impitoyable mais pas iconoclaste, hors du commun mais pas hors de propos !

FRANCE CULTURE - Adèle Van Reeth 

26 avril 2010

Puisqu'on parle de théâtre, c'est l'occasion de vous parler d'une autre mise en scène excellente, dans un registre bien différent, puisqu'il s'agit d'un spectacle joué par le Vilain Petit Théâtre que l'on peut aller voir ces jours-ci au Bouffon Théâtre à Paris, interpréter la pièce d'Alfred de Musset On ne badine pas avec l'amour, de manière délirante et jouissive. Le parti pris de la metteur en scène de cette troupe, Keti Irubetagoyena, est de valoriser non seulement la technique et les décors, mais aussi la présence corporelle et vocale des acteurs. Ce parti pris est porté par des comédiens excellents qui restent justes dans tous les registres. Et le résultat c'est qu'en tant que spectateur on oublie l'espace exigu du Bouffon Théâtre pour s'immerger dans cette pièce, encore considérée à tort comme mièvre et sentimentale. C'est donc une très bonne mise en scène qui nous donne à voir que le cœur de cette pièce n'est pas tant l'amour en tant que tel mais l'attachement au monde de l'enfance et des rêves, et surtout la violence de l'orgueil. Je vous recommande donc d'aller voir ce spectacle qui jongle avec tous les codes et les différentes époques.